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Histoire d’une vie d’Aharon Appelfeld


« Des grands malheurs, on peut parler en murmurant » : l’esthétique de la réticence dans Histoire d’une vie d’Aharon Appelfeld

« Je n’ai jamais aimé le pathos et les grands mots », confie l’écrivain dans Histoire d’une vie. En effet, même à travers la traduction française, nous percevons chez Appelfeld une certaine méfiance à l’égard du lyrisme. Refus du grand style, appauvrissement systématique de la rhétorique, suspicion envers les adjectifs, cette esthétique correspond à une éthique, celle qui s’exprime dans un témoignage refusant le spectaculaire et le mélodrame. Parfois tentée par le silence, peut-être s’inscrit-elle aussi dans la perte initiale du langage et le lent retour d’Appelfeld à la parole et à la langue.

« De toute façon, on ne nous croira pas ». Cette incise renvoie à une probable source de la réticence à dire, à savoir la peur de n’être pas entendu.

Comme l’écrit Danièle Sabbah « Histoire d’une vie » est une Histoire de silences.

Les rescapés d’une expérience extraordinaire sont souvent l’objet d’une forme de réticence narrative. Tenter de comprendre la méfiance instinctive du langage chez Appelfeld, c’est d’abord rappeler très brièvement le sujet d’Histoire d’une vie,l’errance d’un enfant (dont la mère a été tuée par les nazis et le père prisonnier d’un camp) qui se retrouve seul dans les forêts ukrainiennes alors même qu’il n’a que dix ans. Incroyable voyage qui le conduit jusqu’en Palestine : au fil de rencontres improbables, le narrateur se reconstruit, retrouve une langue, un langage, la littérature, enfin, et son pouvoir. Anne prouteau

« Son absence de pathos, son dépouillement, la ‘‘neutralité’’ de ses informations […] sa voix ‘‘neutre’’ vous interpelle obliquement ; dans sa pudeur extrême, elle est la voix même du malheur ». (Danièle Sabbah)


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Paru le :
Lundi
22 novembre 2021