Adhérer

Devenez membre
et acceder aux ateliers, cours, activités, tarifs préférentiels, ...
En savoir plus

Inscrivez-vous pour rester informé de toute l'actualité de votre centre communautaire.

Accueil Accueil / Conférences / Événements / Brunch littéraire
Conférence suivie d’un brunch


Brunch littéraire
Conférence suivie d’un brunch


Autour de l’œuvre de Stefan Zweig

Invité : Maurice GodéProfesseur émérite de langue et littérature allemandes à l’université Paul-Valéry Montpellier et spécialiste de la littérature et de l’histoire des idées dans l’espace germanophone du XXe siècle.

📌 Écrit en partie à Ossining (État de New York) durant l’été 1941, le manuscrit du Monde d’hier a été achevé par Stefan Zweig à Pétropolis (Brésil) et expédié à l’éditeur Bermann-Fischer (Stockholm) quelques jours avant son suicide le 22 février 1942. Ce n’est pas une autobiographie au sens strict car les personnes de son proche entourage en sont absentes et Zweig n’y fait pas de réelles confidences. Pour rédiger ses souvenirs, il ne disposait pas de documents qu’il avait dû laisser en Europe.

Ces circonstances expliquent au moins en partie la vision synthétique du « monde d’hier » et sa grande qualité littéraire (cf. le chapitre « De nouveau dans le monde » où Zweig s’explique sur sa façon d’écrire). Structuré par les principales phases de l’existence de l’auteur, il emmène le lecteur dans une succession de remarques personnelles – d’ordre historique, sociologique, anthropologique, esthétique, psychologique ou politique – sur le premier cataclysme qu’a été pour l’Europe la Première Guerre mondiale et sur la catastrophe que les traités dits de paix (Versailles, St Germain) ont entraînée pour elle. Modèle de stabilité et de coexistence de peuples divers pour Stefan Zweig, l’Empire austro-hongrois avait garanti en théorie à tous ses sujets des droits égaux, et la bourgeoisie juive, particulièrement active dans les domaines de l’art et de l’économie, aspirait à une intégration complète.

Cependant un certain nombre d’indices suggéraient que cette « sécurité » était trompeuse, que les nationalismes pouvaient se déchaîner et les esprits les plus pacifiques s’enflammer. Zweig lui-même confesse avoir partagé en juillet 1914 l’illusion que « les différences de castes, de langue, de classe, de religion étaient submergées en cet instant unique par un sentiment débordant de fraternité ».

En fait, comme le montre Stefan Zweig, ces quatre années de guerre conclues par la disparition de trois Empires, ont entraîné une détérioration du sens moral, un appauvrissement physique, matériel et moral des peuples d’Europe et de profonds bouleversements sociaux. Cela a fait en Allemagne – et en Autriche rattachée de force à la première en février 1938 – le lit du nazisme dans une escalade de propos et de mesures discriminatoires à l’égard de la population juive. Zweig doutait qu’une action concertée entre les hommes de bonne volonté pût s’opposer efficacement à un tel déchaînement de haine. Après avoir vendu sa maison sur le Kapuzinerberg à Salzbourg, se sentant traqué, il commence une vie d’errance, en Italie, au Portugal, aux Etats-Unis (où il fait une tournée de conférences), à Paris (« ville de l’éternelle jeunesse » !) où il prononce en avril 1940 une conférence sur « La Vienne d’hier ». En août 1941, après un séjour à Rio où il avait été cinq ans plus tôt invité officiel du gouvernement (certains s’étonnent du tableau idyllique que Zweig a fait du régime dictatorial dans un livre de commande : Brasil – Pais do Futuro paru en 1940, peu avant un second séjour à Rio), il s’installe à Pétropolis, dernière et courte étape de sa vie. Certains peuvent considérer son suicide comme le constat d’échec des idéaux d’une époque, d’autres – comme l’écrit Serge Niémetz en conclusion de sa biographie de Stefan Zweig parue chez Belfond en 1996 *– y voient « le seul moyen dont disposait Zweig de ressaisir sa liberté ».

Maurice Godé – Octobre 2021

  • Serge Niémetz a aussi traduit Le Monde d’hier en 1993 pour le même éditeur.

Réservation obligatoire

Monsieur Maurice Godé Lors de sa conférence.
Le retour de notre public !


Partager

Facebook Twitter


Dimanche
14 novembre 2021
10H



Participations aux frais
Tarif normal 15 €
Tarif réduit 10 €