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A propos de l’atelier littéraire du 10 mai 2022


Gérard Shmouel Feldman :

Le livre se veut un essai d’initiation au « mysticisme » juif, en particulier à la kabbale. L’initiation se fait à partir d’une rencontre entre un vieux rabbi et l’auteur, Patrick Lévy.

Le rabbi s’appelle Isaac Goldman. C’ est un vieux juif solitaire de Belleville avec un accent yiddish à couper au couteau. On appelle « rabbi » une personne dont la science est reconnue quelques autres, et qui de ce fait, peut leur enseigner.

Patrick Lévy se présente comme un athée convaincu mais intéressé par la manière dont le rabbi peut répondre à ses objections.

Tout le livre est le compte rendu de leurs échanges, parfois enrichis de la participation de quelques comparses, surtout le jour de Shabbath.

Toutes les questions y passent : Dieu existe-t-il ? Et si oui, qui est-il ? Qu’est-ce que la religion et ses institutions ? Qu’est-ce qu’un Juif ? Et la Shoah dans tout ça ? etc.… Et vraiment le livre a ce grand mérite de susciter la discussion. Nous l’avons constaté dans notre groupe. Elle fut longue, concentrée, attentive…

L’ouvrage est présenté par l’éditeur comme un essai sur la Kabbale, mais je l’ai plutôt perçu comme un roman sur l’évolution des rapports entre un maître et son disciple. On se demande comment les choses vont évoluer entre eux. C’est un vrai suspens.

Malheureusement la fin nous laisse sur notre faim. Le Maître meurt. Personne n’est parfait. L’élève reste seul sans trouver d’autres interlocuteurs pour poursuivre son étude. Il s’y attache parfois, mais toujours solitaire. Tout se passe comme si le Maître avait pris tellement de place que nul autre ne pouvait plus trouver grâce aux yeux de son élève. Il faut dire que M. Goldman n’avait pas épargné les rabbins tout au long de ses leçons. L’élève subjugué se trouvait perdu. Soumis à la domination d’une sorte de gourou, il ne savait plus, en son absence, à quel saint se vouer.

Ce type d’enseignement me parait le contraire de la pédagogie juive. Celle-ci se fait collectivement, dans le respect de notre tradition et de nos Sages. Elle se doit de faire de chaque Juif un être autonome capable à son tour de transmettre ce qu’il a appris. Dans le Kabbaliste, ce n’est pas le cas. Si on veut vraiment s’initier à la Kabbale on lira avec beaucoup plus de profit des auteurs comme Gershom Sholem, Charles Mopsik, Georges Lahy, Adin Steinsaltz, Moshe Idel, Eliane Amado Lévy-Valensi….


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Paru le :
Lundi
16 mai 2022